Nana dans l'hexagone.
Nana est un manga dessiné par Ai Yazawa et publié en France aux éditions Delcourt.
Il existe aujourd’hui 13 volumes dans la série et un 14ème sera disponible au moment ou vous lirez ces lignes.
L’éditeur a eu la bonne idée de conserver les couvertures si particulières du manga japonais (voir la partie "couvertures" du dossier). Il existe aussi un tome 7.8 qui est un fan book (on y retrouve des interviews de l’auteur, des courriers de lecteurs, et des tas d’informations sur les personnages du manga) ainsi qu’un art book intitulé Nana 1st illustrations. Au Japon la série est pré-publiée dans le magazine Cookie. Les Japonais ont aussi droit à une première saison de l’animé (mais il faudra encore attendre pour le voir débarquer en France), et une adaptation cinématographique avec deux japonaises tout à fait kawaï.
Deux jeunes femmes prénommées Nana et toutes deux âgées de 20 ans se rencontrent dans un train alors qu’elles se rendent à Tokyo pour des raisons différentes. La première va rejoindre son petit copain alors que la deuxième quitte tout pour devenir professionnelle dans la musique. A la descente du train elles partent chacune de leur coté. Mais le hasard les réunit à nouveau puisqu'elles deviennent colocataires.
Bien que différentes dans leur apparences, leurs caractères et leurs façons de vivre, elles vont se compléter à merveille, s’entraidant dans les moments difficiles... jusqu’à devenir dépendantes l’une de l’autre.
Un Shojo empreint d'étude sociologique.
L’histoire se construit sur une opposition totale des deux jeunes femmes, qui se traduit dans leurs apparences, leurs caractères, leurs modes de vie mais aussi dans leurs cultures. Pour Nana (voir portrait) ce sont d’abord des références Punk Rock alors que pour Hachi c’est une culture Pop voir Kitsch.
Mais ces univers qui semblent si différents s’articulent et se complètent naturellement au fur et à mesure que l’histoire avance. Les deux cercles d’amis se rencontrent et finissent par s’apprécier.
Les thèmes de la dépendance à l’autre et de la souffrance engendrée sont au cœur du manga.
Aucun protagoniste n’y échappe (même Nana avec son caractère solitaire et indépendant, encore moins Hachi avec son besoin perpétuel d’être choyée et aimée).
Les différentes histoires d’amour ou d’amitiés nous apprennent beaucoup sur les mécanismes complexes de la dépendance affective et de ses contradictions.
L’identité de la femme et son statut dans la société japonaise est un thème également abordé. Les deux filles sont des héroïnes résolument modernes vivant dans un japon tourné vers l’avenir, même si l’on trouve plein de références au Japon traditionnel (vieilles superstitions, fêtes et habits traditionnels). Elles acceptent et prennent leurs destins en mains.
Nana quitte Ren pour ne pas être que sa femme (le rôle de la femme japonaise est très particulier et de façon générale elle ne concilie pas travail et foyer), Jun décide d’aller faire une école à Tokyo pour prendre son destin en main et même Hachi qui vient rejoindre son petit ami, décide de travailler et de louer un appartement pour ne pas être dépendante financièrement de lui.
L’auteur ne Nana n’a pas souhaité que Nana soit un shojo classique. Il est plus que ça. C’est un manga tranche de vie ou tous les personnages nous marquent profondément. On comprend leur aspirations, on connaît leurs doutes et leurs défaillances, ils sont infiniment humains et c’est sans doute pour ça que l’on si attache si facilement. |