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300
Y'a pas à dire, la composition est un modèle du genre.
 
300
Les Perses se fracasseront plus d'une fois sur ces boucliers.
 
300
Le moindre ralenti permet d'apprécier la qualité de la mise en image.
 
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Les Spartiates font des bonds à coller des malaises aux athlètes des J.O.
 
300
Léonidas a une sacrée trempe : un lion indomptable.
 
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Le combat séculaire de la force et l'intelligence.
 
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Casimodo en guest star. Qui l'eut cru.
 
300
Xerxès incarne la démesure dans tout ce qu'elle a de grotesque.
 
 
Par Gargoyle 27/03/07
300.
Trois sangs?
 

300On croyait le péplum mort et enterré. Il a suffit qu’un certain Ridley Scott s’intéresse à la vie d’un général déchu de Rome pour que le genre reprenne du poil de la bête. Que l’on soit film de réalisateur réputé, à l’instar d’Alexandre d’Oliver Stone, ou production télévisuelle de grande envergure comme Rome, on s’empresse de surfer sur la vague. Après un remake du Zombie de Georges A. Romero, L’Armée des Morts, Zack Snyder s’engouffre dans cette brèche avec son deuxième film : 300. Quand il y en a pour un...

 

Nous partîmes euh... trois cents.

En l’an 480 avant Jésus Christ, la soif de conquête du perse Xerxès ne connait pas de limite. Alors que son armée marche vers les terres grecques, des Spartes, un petit contingent de 300 guerriers mené par leur roi, Léonidas, décident de tout tenter pour barrer la route à l’envahisseur.

Avant d’être un film, 300 est une attraction visuelle tirée de la bande dessinée éponyme de Frank Miller (à qui l’on doit Sin City). Entièrement réalisée sur fond bleu ou vert, décors et bêtes fantasmagoriques, sont générés par ordinateurs. Les images léchées dénotent d’une minutie obsessionnelle dans la composition des plans, le contraste ombre et lumière saisissant fait naître les volumes, flatte les anatomies.

Il faut voir ces Spartiates, athlètes accomplis aux corps bodybuildés, huilés, aux gestuelles de poseurs, se fondre dans des environnements grecs antiques aux couleurs surréalistes et saturées, pour se rendre compte que chaque séquence a été pensée comme un tableau. On ne peut s’empêcher d’y sentir une inspiration Renaissance alors qu’anatomie humaine et lumière constituent le cœur de l’œuvre.

Les plans de profils sont légion : que ce soit lors des joutes sanglantes, volontiers tournées vers le gore, ou au cours des échanges moins véhéments entre acteurs de cette tragédie antique, ce cadrage amène équilibre et profondeur à chaque acte. On en oublierait presque les scènes ridicules qui révèlent des monstres grotesques, anachroniques, issus d’un esprit torturé et que l’on croirait sortis du bestiaire d’un jeu vidéo. Elisez votre champion : le bossu difforme, le bourreau aux bras greffés de lames, ou ce Dieu Roi de Xerxès mi-géant, mi-sodomite.

Balayez ces quelques secondes de film gâchées, laissez-vous embrigader par les accélérations dans l’action quand chargent les Spartiates, enivrez-vous de ces ralentis à chaque choc de glaives et d’os. Ce va et vient, ce rythme hypnotique des combats agit comme une transe, ballet mortel de ces semeurs de mort sur fond de musiques orchestrales.

Le corps, leitmotiv jusque dans la mort, montré crûment, à l’image de ce décapité sur lequel s’attarde le réalisateur. Des séquences à ne pas mettre devant tous les yeux, surtout ceux de moins de douze ans. Jubilation malsaine de la violence? Même pas, tant le trait est forcé, la mise en image esthétique ; mise en scène macabre tout au plus où tout le monde ne trouvera pas son compte pour sur. Ca tombe bien le film ne cherche pas à plaire à tous. Délice égoïste qui vise juste à trouver écho chez ceux qui le voudront.

 

Le monde se divise en deux catégories.

300 s’accroche au peu d’humanité d’un père qui guide son enfant vers l’âge adulte, lui inculquant les valeurs d’un guerrier, à cette femme, cette reine qui soutient son mari, son roi, jusqu’à le perdre, le perdre en homme libre, en héros mais pas en martyr.

Gerard Butler, habitué aux rôles de seconde zone, marche peut être, avec ce flamboyant Léonidas, vers le panthéon des acteurs connus et réclamés. Souhaitons-lui. Il y met de la fougue, tente de maintenir un semblant de réalité toute ténue. On y croit qu’à demi : c’est sans doute mieux ainsi, laissant le gouffre béant entre débauche de corps inertes amoncelés et réalisme.

Ne cherchez pas le salut dans un quelconque message subliminal, ici rien n’est enfoui, tout est visuel et à prendre au premier degré ou bien est-ce le second? Tout n’est qu’images et sons, ombres et lumières, lenteur et vitesse, parabole magnifique de la démesure durant prêt de deux heures.

Alors comment classer 300? Faits historiques? Péplum? Film d’action nouvelle génération? Melting pot impensable entre Gladiator, Matrix et Sin city? Le film revendique sans honte ces diverses influences, parfois antagonistes. Exercice de style abouti, claque visuelle indéniable, 300 ravira autant qu’il exaspérera : choisissez votre camp, c’est de guerre dont il s’agit.
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