Pour se faire connaître du grand public les jeunes studios Gonzo se devaient de frapper un grand coup. Ce fut fait grâce à une série de quatre OAV : Blue Submarine N°6. Diffusé pour la première fois le 25 octobre 1998, cet animé fut également la première œuvre japonaise à être entièrement réalisée sur support numérique. L’empreinte Gonzo était née.
Une âme à la mer.
Le projet Blue Submarine N°6 s’inspire du manga éponyme de Satoru Ozawa et débute en 1997 pour s’achever en 2000. Constituée de quatre OAV à durée variable (25 minutes environ pour les trois premiers actes et prêt de 45 minutes pour l’ultime épisode) elle voit son character design confié au talentueux Range Murata, et sa réalisation prise en charge par Mahiro Maeda. C’est la première collaboration entre les deux hommes qui se retrouveront plus tard pour Last Exile : sans nul doute l’une des plus grandes réussites des studios Gonzo.
Lassé de voir la Terre mise à mal par l’espèce humaine, un savant, Zorndyke, décide de créer de nouvelles espèces, mi-hommes mi-animales, plus aptes à vivre en harmonie avec la planète bleue. Mais la cohabitation n’est pas de mise et les deux races ne tardent pas à entrer en guerre. Le conflit prend une tournure inattendue alors que les pôles commencent à fondre, recouvrant d’eau la majeure partie des terres. Les océans deviennent alors le théâtre des affrontements entre les deux belligérants.
Rapidement la race humaine montre son incapacité à prendre le pas sur les créations de Zorndyke et joue son ultime va-tout en lançant une attaque nucléaire de grande envergure sur la base censée abriter le savant. Pour cette mission, l’équipe du Blue Six, un des bâtiments de la flotte Blue, part à la recherche d’Hayami Tetsu, sous-marinier de talents et combattant émérite. C’est à la jeune Mayumi Kino qu’incombe le tache de son recrutement...
La trame scénaristique dense de Satoru Ozawa est à elle seule un défi conséquent pour le projet Blue Submarine N°6. Mais les ambitions de Gonzo vont au-delà du simple aspect narratif pour s’attacher à ce qui a fait leur renommée : l’intégration d’images de synthèses au milieu des animations traditionnelles.
Force est de constater que les intervallistes ont fait du très bon travail sur la 2D. Le rendu se bonifie d’ailleurs au fur et à mesure de l’avancée dans l’histoire jusqu’à atteindre un niveau d’excellence proche de celui d’un long métrage.
La 3D est moins heureuse, en tout cas pour les deux premiers épisodes qui peinent à convaincre sur ce plan. On a plus l’impression d’assister aux cinématiques déjà rencontrées dans moult jeux vidéo de l’ère Play One, si vous voyez le genre, qu’à un film d’animation. Je force le trait mais l’idée est là. Heureusement le spectateur clément notera que la série a tout de même prês de dix ans dans les pattes et excusera ces maladresses au final plus touchantes que risibles.
Mahiro Maeda a pris le parti de s’attacher aux personnages, Hayami en tête, pour faire s’articuler les évènements de l’histoire. Une idée salutaire qui évite de sombrer dans l’enchaînement constant de combats aquatiques. Une certaine poésie se dégage même de l’histoire à l’image de cette main tendue entre Hayami et Muttio. Une alternance dans le rythme de la narration qui confère à Blue Submarine N°6 une touche poétique bienvenue, magnifiée par une BO jazzy d’un autre monde à mettre au crédit de The Thrill.
Mais que les bourrins se rassurent, les joutes sous-marines sont légion et ficelées comme il faut, tant et si bien que l’on se laisse facilement happé dans l’univers post-apocalyptique sub-aquatique, au demeurant plutôt cohérent, de l’anime.
Touché, coulé.
Dybex édite l’œuvre sous forme d’un petit coffret "Edition Prestige 5.1" sexy (la présence de Kino sur la boite n’y est pas étrangère). Vous y trouverez deux galettes renfermant les 4 OAV, un petit livret bien copieux en infos, croquis, schémas et interviews sur l’anime ainsi que 6 cartes postales exclusives. Par contre, point de bonus sur les DVD. Nada. Circulez y'a rien à voir.
La mention 5.1 fait référence à la présence de pistes VF et VOST en Dolby Digital sur cinq canaux. L’impact sonore est relativement bon. La VF n’est pas trop mauvaise se laissant suivre sans dégoût même si la voix de Kino en agacera plus d'un. On regrette que les OAV n’aient pas été conçues pour des écrans larges, sans doute mieux adaptés pour une telle épopée aquatique, mais Dybex n’y est pas pour grand chose.
On note aussi un manque d’optimisation de la compression sur certaines séquences et s’il n’y a pas de quoi s’offusquer, on reste cependant très en deçà de la qualité produite par Kaze, les maîtres dans ce domaine.
A une trentaine d’euros Blue Submarine N°6 est un investissement sympathique pour tous ceux qui dévorent la japanim’ ou pour les amoureux des studios Gonzo, ils sont nombreux. Les curieux s’amuseront à comparer le titre avec Origine leur dernière production en date et récemment sorti chez Kaze justement (lire le test) pour constater les progrès accomplis en peu d’année, autant dans l’animation 2D que la 3D. |