En déclin depuis quelques années, la licence phare de Sunrise, Mobile Suit Gundam, a connu un second souffle grâce à la série Seed. Après cinquante épisodes au succès mondial incontestable, une séquelle répondant au doux nom de Seed Destiny vit le jour sur les écrans japonais en 2004. A l’occasion de la sortie chez nous du volume 5 (épisodes 21 à 25) nous vous proposons le test détaillé de cette suite attendue.
Minimum syndical.
Ere cosmique année 72 : la bataille de Jachin Due, aux portes des PLANTS a mis un terme à presque deux années de guerre entre les Naturels et les Coordinateurs. Le traité de paix signé sur les décombres même de Junius 7, la station orbitale qui vit naître de conflit, engage les deux parties à se reconnaître mutuellement et à travailler ensemble à la reconstruction d’une humanité plus tolérante. Mais les bonnes résolutions ont la vie dure et des groupuscules de fanatiques nourris de haine et de rancœur subsistent toujours dans les deux camps.
En octobre de l’ère 73, un commando rompu aux techniques d’infiltration profite des préparatifs de la cérémonie de lancement du Minerva, bâtiment de guerre dernière génération de ZAFT, pour s’emparer de trois nouveaux MS coordinateurs.
C’est sous forme de volumes, de cinq épisodes chacun, que Beez commercialise depuis fin 2006 cette référence de l’anime. La formule est la même que pour Gundam Seed, chaque DVD portant une sérigraphie unique : un Mobile Suit présent dans le menu de configuration et sur la tranche des jaquettes. La petite nouveauté vient du packaging qui se voit enrichi d’un étui en carton en guise d’écrin du boîtier plastique (c’est la mode).
On est aussi en terrain connu sur le plan des bonus, assez faméliques il faut le reconnaître, qui se résument aux traditionnels génériques sans crédits et fiches de personnages. On aurait aimé que Gundam Seed Destiny bénéficie du même soin que d’autres séries-phare de Beez comme Ghost in the Shell - SAC 2nd GIG (on en parle bientôt).
D’un point de vue purement technique, la qualité de la compression est discutable même s’il n’y a pas de quoi crier au scandale. C’est cependant un point sur lequel l’abeille devrait se concentrer puisque d’autres maisons concurrentes (Kaze par exemple) proposent un rendu moins approximatif de l’image.
A l’instar de la première édition, vous aurez le choix de la VOST ou de la VF toutes deux au format stéréo. Si les voix françaises de la saison originale ont été conservées (le contraire eu été surprenant de la part de Beez), la traduction, en dépit du sérieux évident dont semble avoir fait preuve l’équipe en charge de la localisation, ne parvient pas éviter les traditionnels faux-sens.
Une édition française de Gundam Seed Destiny globalement satisfaisante qui marche dans les pas de son aînée mais ne brille pas par son originalité. Beez, réveille-toi.
Fan service.
Si vous avez visionné la première série estampillée Seed vous ne serez pas dépaysés par sa suite. Dès l’ouverture, avec le générique de T.M. Revolution qui sonne comme un hommage, on se trouve en terrain connu. L’action trépidante du premier épisode et la tension qui en découle sont, elles aussi familières. On retrouve également le contexte géopolitique crédible et la psychologie élaborée des protagonistes qui ont fait le succès de Gundam Seed. Les fans seront aux anges.
Les amateurs moins fanatiques, quant à eux, risquent fort de pas partager cet enthousiasme. Et pour cause : les premières Phases apparaissent comme un auto-plagiat de leurs auteurs, du vol des MS sur une station orbitale, en passant par la présence d’un Neo masqué ou des musiques de génériques calquées sur celles de la préquelle. Mais qu’on y adhère ou pas, c’est le propre même du fan service et c’est, de surcroît, l’une des marques de fabrique de la licence. Cette impression s’estompe lentement puisque le scénario habile parvient à rendre crédible la série d’événements funestes qui précipitent Naturels et Coordinateurs vers une nouvelle guerre.
De nouveaux personnages font leur entrée dans un camp comme dans l’autre et c’est le jeune Shin Asuka qui récupère la casquette du héros. Quant aux anciens, fort de leur expérience passée ils tiendront dans l’histoire une place bien sentie. Le come-back de certain d’entre eux ne manque d’ailleurs pas de classe et donne lieu à des épisodes jouissifs.
L’aspect technique de la série quant à lui n’a guère évolué tant il est vrai que la qualité était déjà présente dans Gundam Seed, mais on note un mariage plus habile entre animations traditionnelles et numériques. La bande son n’est pas en reste, les génériques sont pêchus et les nouveaux thèmes musicaux, dans la plus pure tradition du space opera, toujours d’aussi bonne facture.
Les néophytes de l’univers Gundam Seed, qui voudront jouir de toutes les subtilités scénaristiques, devront se documenter sur les personnages, les lieux et les évènements de la première saison (en consultant par exemple notre dossier). Les allusions aux évènements passés sont nombreuses et certains des aspects laissés sous silence seront développés avec Destiny conduisant l’ensemble à une cohérence appréciable.
Au final, et en dépit d’une édition française sans génie, on se régale des aventures de Shin, Athrun et Kira. On retrouve avec plaisir l’univers Gundam Seed qui, cinquante épisodes durant nous avait happés dans l’Ere Cosmique. C’est reparti pour cinquante autres. |