Test
 
 
Dvd testé en Zone 2
Editeur :
Kaze
Réalisation :
ACGT
Genre :
Fable Moderne
Nombre d'épisodes :
13
Format :
1.77 compatible 4/3
Audio :
VOST et VF en Dolby
Digital stéréo
 
L’Odyssée de Kino
Hermès accompagne Kino dans chaque habitation.
 
L’Odyssée de Kino
Ces trois bandits ignorent encore à qui ils ont à faire. Dommage.
 
L’Odyssée de Kino
Le rêve de toute ménagère... ou de tout célibataire.
 
L’Odyssée de Kino
Chaque matin Kino s'entraîne avec son arme : une question de survie.
 
L’Odyssée de Kino
Cet homme affairé devant un motorad en pièce jouera un rôle capital pour Kino.
 
L’Odyssée de Kino
La petite Sakura : image de Kino dans un miroir légèrement déformant.
 
L’Odyssée de Kino
Les médecins de ce pays ont trouvé la parade aux problèmes d'adolescence.
 
 
A
8
8
Par Gargoyle 19/04/07
Odyssée humaine.
 

L’Odyssée de KinoLes détracteurs de l’animation japonaise sont encore nombreux de nos jours. Jugée mièvre ou violente, elle souffre d’une réputation forgée à grands coups de Club Dorothée et de DragonBall Z. Etrangement, ces mêmes personnes apprécient presque toutes les productions de Miyazaki. Snobisme? Ignorance? Sans doute un peu des deux. Mais en vérité, la japanimation est, sans nul doute possible, la plus riche de toute, la plus éclectique, celle, surtout, qui sait le mieux puiser son inspiration d’horizons culturels multiples. Rien d’étonnant, dès lors, que tant de ces œuvres trouvent un écho grandissant à travers le monde. Et si c’était ça la clé? Apprendre des autres...

 

Là-bas.

Cela nous est tous arrivé une fois. Ce nœud au creux du ventre, besoin viscéral de découverte qui nous prend face à une mer sans limite, un relief de montagne tout proche et pourtant si loin, invitation solitaire à se retrouver dans une introspection trop souvent oubliée ou une communion avec la faune, la flore et nos semblables. Ah! Partir... Qui n’en a jamais rêvé?

Je ne parle pas du voyage organisé Club Med ou de ce billet pour la Guadeloupe acheté à bas prix à la dernière minute. Je cause d’aventure avec un grand A. Tout lâcher pour un autre pays, aux antipodes du sien. Découvrir de nouvelles cultures, de nouvelles traditions, d’autres regards sur la planète bleue. C’est sûrement de cela que se nourrit le voyageur.

L’Odyssée de Kino vous invite à suivre les péripéties d’une jeune aventurière et de son inséparable compagnon Hermès. De pays en pays Kino et son motorad - une moto dotée de la parole et de son petit caractère - arpentent le monde ne se fixant qu’une seule règle : ne rester que trois jours dans chaque contrée. Trois jours suffisants pour apprendre tout ce qu’il y a à savoir de chacune d’elles.

Cette histoire, issue du roman Kino No Tabi de Keiichi Sigsawa paru en 2000, est un véritable best seller au Japon. Ce conte moderne est principalement axé sur les discussions philosophiques entre Kino et sa moto. L’adaptation délicate du script a été confiée à un maître du genre, Sadayuki Murai, que les amateurs connaissent déjà pour sa participation aux œuvres de Satoshi Kon, Perfect Blue et Millenium Actress, entre autres ; la partie technique revenant quant à elle à Ryutaro Nakamura, entré au panthéon des grands réalisateurs pour son travail sur Serial Experiments Lain.

Tout ce petit monde nous invite, 13 épisodes de 26 minutes durant, à suivre le couple inattendu. Proposée en deux volumes, chaque boîte abrite deux galettes, cette série est éditée chez nous par Kaze qui, une fois encore, s’est décarcassé pour nous pondre un packaging original et de bon goût. Le premier volume est accompagné d’un petit livret d’information (interview de Ai Maeda, la voix originale de Kino, filmographie des auteurs, etc...) et de 5 ex libris, tandis que le second vous offre un petit carnet de voyage. Les quelques images de production présentes sur les DVDs ne parviennent pas, cependant, à étancher la soif de connaissance des amateurs. Faudra faire mieux la prochaine fois.
 
Fidèle a son habitude l’éditeur est irréprochable sur la qualité de la compression, et les pistes sonores, VF et VOST, sont proposées en stéréo. L’adaptation française n’est pas mauvaise mais les voix des deux protagonistes principaux, par trop éloignées des timbres originaux (surtout Hermès) ne convaincra pas les puristes. Back to the VO pour jouir d’un spectacle hors norme, d’autant que la traduction est un modèle du genre.

 

Programme de terminale.

L’Odyssée de Kino est un OVNI. Visuel d’abord, avec un filtre simulant le rendu d’un téléviseur à tube cathodique constamment présent, même pendant les génériques. De leur côté, les personnages adoptent dans leur grande majorité un rendu très stylisé en dépit d’évènements parfois très sombres. Ce parti pris qui évoque d’ailleurs le Metropolis d’Osamu Tezuka réalisé par Rintaro est une façon originale de mettre une distance entre les évènements racontés et la réalité. Un moyen également de susciter une émotion contradictoire qui renforce la douleur de certaines scènes.

Car, tout conte qu’il est, ce dessin animé n’est pas dénué de moments cruels. Pas de violence, où si peu (on y voit régulièrement des armes à feu et le sang coule une ou deux fois) l’anime s’attarde souvent sur les travers humains : l’égoïsme, la recherche d’identité, la nécessité de croire en une force spirituelle qui nous dépasse, etc... Quand on appuie là où ça fait mal, il y a toujours une réaction.

Original, l’anime l’est aussi par son découpage, de petites phrases venant régulièrement ponctuer l’action à l’image de ces panneaux dans les films muets. Elles sont parfois une synthèse de ce qui s’est dit, d’autres fois de simples pierres jetées à l’eau de nos pensées pour y créer une onde qui amènera le doute. Déroutant jusqu’aux ultimes minutes d’un épisode qui apportent alors réponses et nouvelles interrogations, l’Odyssée de Kino est une œuvre Millefeuilles où tout un chacun prendra ce qu’il y trouvera.

Les plus attentifs, où les plus curieux qui se diffuseront plusieurs fois la série y découvriront une unité troublante à l’image de cette ultime scène de l’épisode 13 qui fait directement suite à la séquence d’ouverture du premier ou de cette Sakura qui vit les mêmes instants que ceux que Kino connut par le passé (épisodes 4 et 13 à mettre en relation).

L’Odyssée de Kino est une production troublante, enivrante, quasi-hypnotique, qui distille ses idées sur la condition humaine de façon subliminale. Le rythme est généralement lent, contemplatif. Définir cette série est mission impossible, de la même façon qu’il est impensable de faire l’inventaire de tous les messages qu’elle véhicule. Il reste à parier que Saint-Exupéry lui-même ne renierait pas cet anime. On y retrouve la naïveté des personnages mêlée aux réalités crues, cette volonté également d’élever l’auditoire vers une prise de conscience philosophique.

Impossible de rester impassible ou indifférent face à cet hymne au voyage, à la curiosité de l’autre, à l’espoir en l’humanité, alors si vous êtes entourés de personnes décrites dans l’accroche de ce test, un petit conseil, faites leurs découvrir l’Odyssée de Kino : si après ça - qu’ils aiment ou pas l’anime - ils campent encore sur leurs positions... il reste les baffes. Ca ne leur fera pas changer d’avis mais ça soulage toujours. A méditer.
 
les plus
les moins
• Un rythme narratif exemplaire • Des bonus trop pauvres
• Une œuvre intelligente • QI de moule passe ton chemin
Kaze toujours au top • Handicapé de la curiosité passe ton chemin
• Très bonne traduction  
   
   
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