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Tests
 
 
Dvd testé en Zone 2
Editeur :
Kaze
Réalisation :
MadHouse
Genre :
Polar - Thriller
Nombre d'épisodes :
74
Format :
4/3
Audio :
VOST et VF en Dolby
Digital stéréo
 
Monster
Tenma a acquis une solide réputation dans le milieu de la neurochirurgie.
 
Monster
Eva est une femme perdue.
 
Monster
Mais qui a voulu assassiner ce pauvre garçon?
 
Monster
L'amour de Kenzo pour ses patients est réel.
 
Monster
Vous saurez très tôt ce qui se cache derrière le regard de ce jeune homme.
 
Monster
Rapidement le chirurgien décidera de contrer le monstre.
 
Monster
L'inspecteur Runge semble souffrir de certains troubles compulsifs...
 
 
A
9
9
 
Par Gargoyle 10/04/06 mis à jour le 23/01/07
Monster.
L'effet papillon.
 

Monster"Puis je vis monter de la mer une bête
qui avait dix cornes et sept têtes,
sur ses cornes dix diadèmes,
sur ses têtes des noms de blasphème.
Le dragon lui donna sa puissance,
Son trône et une grande autorité.
Et ils adorèrent le dragon,
car il avait donné autorité à la bête, en disant :
qui est semblable à la bête,
et qui peut combattre contre elle?"

Apocalypse 13.1-4



Je sais c’est spécial comme chapeau d’article ; un peu biblique forcément. Mais ces mots sont les premiers que vous lirez en vous penchant sur cette série hors norme qu’est Monster.

 

Rien n’est plus dangereux que quelqu’un de gentil.

Kenzo Tenma, génie de la neurochirurgie qui en 1986 officie à l’Eisler Memorial hôpital de Düsseldorf. Le directeur de son établissement hospitalier voit en lui un successeur de choix et un futur gendre. Le jeune Tenma, quant à lui, est plein de cette belle naïveté propre aux idéalistes : la médecine, de son point de vue, à vocation à sauver des vies avant tout.

La vision mercantile affichée par son directeur le heurte rapidement. Un soir, deux blessés arrivent à quelques minutes d’intervalle. Le premier est un gamin, rescapé miraculé, avec sa sœur jumelle, du meurtre perpétré sur ses parents. Le deuxième est le maire de la ville, blessé à la tête comme le gamin.

Alors, qu’on l’exhorte à se pencher sur la blessure du maire en priorité, Kenzo décide de passer outre sa hiérarchie et se base sur l’ordre des arrivées. Le gamin est sauvé, mais le maire n’a pas la même chance, l’équipe en charge de son opération ne parvenant au même rendement en l’absence de docteur Tenma. Les répercussions pour ce dernier sont terribles. On lui fait clairement comprendre qu’il n’a plus d’avenir dans le domaine hospitalier : la carrière qu’il visait jusqu’alors est vouée à rester au point mort. Sa fiancée en profite pour le quitter sans ménagement.

Mais alors qu’il s’enfonce dans la dépression, les trois médecins qui font barrière à son accension décèdent dans d’étranges circonstances : empoisonnés par des bonbons. Kenzo n’est cependant pas inquiété car le soir du crime il était dans un bar à noyer son chagrin. Plus étrange encore, le soir des meurtres les deux jumeaux disparaissent...

Neuf ans s’écoulent, l’Allemagne récemment réunifiée est le théâtre d’une série de meurtres perpétrés sur des couples sans enfants. Le docteur Tenma est devenu le médecin le plus en vue de son hôpital, un des plus connus de la région. En peu de temps il est amené à entrer en relation avec le tueur en série : celui-ci se dévoile rapidement au docteur comme étant le garçon qu’il a sauvé neuf ans plus tôt...

Ce petit résumé n’est que le point de départ de cette œuvre signée Naoki Urasawa. D’une densité du scénaristique et d’une force narrative indéniable cette série se distingue également par le nombre de ses épisodes : pas moins de 74.

 

La MadHouse de la Maturité.

En découvrant la série le public fait toujours sensiblement la même remarque : "on est d’avantage face à la trame d’un film qu’à celle d’une série animée". Il en va de même de la qualité de la mise en image. Les studios MadHouse, qui n’ont, décidément, jamais aussi bien porté leur nom, sont responsables de l’adaptation télévisuelle de la série. Le résultat ne souffre d’aucun reproche, que se soit le rendu graphique fidèle au manga (c’est-à-dire fin, précis, mature et réaliste), le choix des couleurs, l’animation à la 3D bien intégrée, la découpe des épisodes ou encore la musique, tout est impeccable de sobriété et de justesse. On ne peut décemment rien reprocher au travail fourni par l’équipe en charge de l’animé.

Monster ne triche pas et l’on sait d’emblée qu’on est face à un thriller psychologique haletant. A cause du sujet dont elle traite, la série ne trouvera pas d’écho positif chez tout le monde. Et pourtant, rien n’est fait avec voyeurisme ou complaisance pour la violence (elle n’est d’ailleurs que rarement ou partiellement montrée)... un vrai diamant noir qui met mal à l’aise l’auditoire mais le pousse à réfléchir sur les décisions que nous prenons en notre âme et conscience et sur les rouages complexes que représentent nos vies.

L’habileté et l’intelligence transpirent dans Monster. La justesse du propos et des émotions aussi. C’est d’ailleurs ce qui est dérangeant. Le choix de l’Allemagne réunifiée en toile de fond n’est pas le fait du hasard : il humanise l’histoire, la responsabilise. Pas de Japon afin d’éviter un folklore difficile à saisir. Pas d’Etats-Unis, ils ont déjà le monopole de la violence. Ici la pièce rapportée est ce médecin nippon en terre occidentale, victime et responsable... du moins le croit-il. Une œuvre majeure qui montre, une fois encore mais était-ce nécessaire, le génie des mangaka pour compter des histoires... toutes sortes d’histoires, de la plus futile à la plus touchante, de la plus surnaturelle à la plus réaliste.

Découverte de Canal + la série est éditée chez Kaze. Le cinquième et dernier volume vient de sortir et clôt cette histoire haletante. L’édition en question propose la VOST et la VF en stéréo - une version française qui ne souffre, d’ailleurs, d'aucun défaut majeur -, une litho et un livret très bien fait sur la série, ses personnages, son univers et des infos sur l’Allemagne au moment des faits décrits dans le manga. Du bon boulot, bien documenté et bien foutu.

Avec MadHouse la rupture entre manga et niaiserie est belle et bien consommée et cette oeuvre devrait permettre de convaincre les plus sceptiques. Le studio n'en est pas à son coup d'essai dans le domaine : on lui doit entre autre l'incroyable Perfect Blue de Satoshi Kon (Tokyo Godfathers, Millennium Actress, ou encore Magnetic Rose du Memories d'un certain Katsuhiro Otomo) ou la série Gunslinger Girls (éditée en France par Kaze, encore eux).

A raison de 50 euros par volume investir dans cet anime reste onéreux mais vu la qualité globale de l’œuvre ou de la version française rien vraiment ne justifie que vous passiez à côté de Monster. Essayez quelques épisodes et vous serez mordus. Attention, le monstre arrive...

 
les plus
les moins
• Une réalisation impeccable, merci MadHouse • Euh, où sont les bonus?
• La maturité des propos • Nan, vraiment je vois pas...
• La richesse du scénario  
   
   
   
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