Dans le paysage de la publication manga le studio CLAMP fait figure d’ovni. Créé en 1987 le collège est composé de douze jeunes femmes qui partagent la même passion pour la bande dessinée. Réduite à quatre dès 1992, elles enchaînent les séries à succès : Chobbits, Card Captor Sakura, Magic Knight Rayearth, X-1999… A tout juste quinze ans, le studio mondialement reconnu a vu nombre de ses œuvres adaptées en séries animées. L’une des plus récentes, Tsubasa Reservoir Chronicle, vient d’être éditée en France par Kaze sous le nom raccourci de Tsubasa Chronicle, et ça mes amis c’est carrément une bonne nouvelle!
Il était une fois...
Encore en cours de réalisation, cette série comptera pas moins de trois saisons. Ce sont les studios Bee Train qui ont en charge son adaptation pour la chaîne NHK. On leurs doit des séries comme Noir ou .Hack. Alors que la saison 2 est en cours au Japon, il est heureux de constater la célérité avec laquelle l’animé à débarqué chez nous. Kaze décidément en forme ces derniers temps c’est fendu pour l’occasion d’une des plus jolies éditions françaises à ce jour.
Ce premier volume, baptisé "voyage 1" renferme 9 épisodes en deux DVD. La sérigraphie de chacun d’eux est d’une rare beauté avec Sakura comme personnage principal pour l’un et Shaolan pour l’autre. Le coffret est accompagné d’un livret collector qui n’a pas volé sa mention : ce "carnet de voyage" de 32 pages gorgées d’infos sur les personnages et l’univers de la série est relié à une couverture rigide d’une classe folle. On applaudit des deux mains.
L’éditeur, fidèle à son habitude, propose une VF et une VOST. Si la VF n’est pas immonde en soit, elle ne parvient pas à retranscrire les émotions de la version japonaise. Etant donné l’importance de la psychologie des personnages et de leurs identités propres, ceux qui ne veulent rien perdre des nuances de chaque héros se rabattront illico sur la VOST.
Le seul reproche que l’on puisse décemment faire à cette édition est un grief commun à nombre de titres de l’éditeur qui refuse toujours de chapitrer ses licences. On ne demande pas la Lune, mais un épisode découpé en quatre, générique de début, première partie, deuxième partie et générique de fin, ne me semble pas insurmontable. Enfin bon, c’est histoire de pinailler.
Les connaisseurs et fans de CLAMP savent que les protagonistes croisés dans une série du quatuor peuvent se retrouver dans une autre. Ils ne seront donc pas étonnés de retrouver Sakura et Shaolan rencontrés dans la série Card Captor Sakura. Et c’est ainsi que, dans un pays indéterminé, à une époque inconnue, le jeune Shaolan poursuit le travail entrepris par son défunt père : fouiller et étudier de mystérieuses ruines découvertes aux portes de la cité royale, à l’entrée du désert. Cette ville n’est pas la sienne. Il y a élu domicile cela fait sept ans à cause des travaux de son père. Rapidement il se lie d’amitié avec la jeune princesse Sakura dont il partage les jeux.
Un soir, alors qu’il arpente les ruines, il a la surprise d’y croiser son amie perdue au beau milieu d’une des salles obscures d’un temple. Cette dernière semble perturbée, comme envoûtée, aussi lorsqu’elle disparaît par une trappe il n’hésite pas à lui porter secours. Il la retrouve dans la pièce adjacente des ailes lumineuses accrochées dans le dos... En lui portant secours, Shaolan choit violemment au sol, Sakura entre ses bras. Les ailes de lumières de la demoiselle volent en éclats et les plumes dont elles étaient composées s’évaporent rapidement. Les plumes en question constituent en vérité le cœur de la princesse et ses souvenirs. Privés de celles-ci, il ne lui reste que peu de temps à vivre. Envoyé auprès de la sorcière des dimensions, le jeune garçon aura alors pour mission de visiter toute sorte de mondes parallèles à la recherche des plumes perdues.
Âme de poète.
Dès les premières minutes de l’animé l’auditoire se trouve happé dans une sorte d’épopée romanesque telle que l’on peut en vivre en lisant des aventures de capes et d’épée, une touche de conte des mille et unes nuits en plus. L’atmosphère générale est renforcée par une bande son écrite de main de maître par Yuki Kajiura et qui fait écho au jeu subtil des acteurs. Les thèmes en question souvent chantés à plusieurs voix évoquent inévitablement certains titres de See-Saw dont elle est la compositrice. Du bonheur pour nos oreilles.
Niveau technique rien à redire. Le graphisme et simple, sans froufrou mais efficace et respectueux du style filiforme de CLAMP. Les quelques rares incursions d’images de synthèse sont invisibles aux yeux non avertis et le choix du format 16/9 sert à merveille la composition de chaque scène.
Il se dégage de cette animé une poésie poignante transmise par un Shaolan noble et touchant. La relation qu’il entretient avec Sakura est au centre de l’histoire de ce Shonen onirique. Le couple est encadré par des personnages hauts en couleur. Fye et son flegme inébranlable est un gai luron qui s’amuse d’un rien mais s’interroge sur tout, Kurogane masque sa gentillesse sous une agressivité qui ne dupe personne, et il est constamment mis à mal par un Mokona (la petite bestiole qui ressemble à un lapin) espiègle et farceur.
L’équipage improbable composé des cinq héros aussi différents que complémentaires nous entraîne dans des aventures rafraîchissantes, parfois porteuses de messages, toujours rythmées et distrayantes. Un divertissement de qualité en somme que l’on regarderait d’une traite sans aucun problème.
Avec 26 épisodes au compteur pour la première saison autant de prévus pour la deuxième saison et sans doute également pour la dernière saison, Tsubasa Chronicle n’a pas fini de faire parler de lui. Je vous encourage à visionner cette animé qui constitue un vrai coup de cœur et qui rend hommage de la plus belle des manières à la Japanimation. |