Il y a des personnes nées pour être talentueuses, Hitoshi Sakimoto en fait partie. Quand son savoir-faire croise en plus le talent d’un grand développeur comme Matsuno, le résultat est tout simplement époustouflant. Pour leur quatrième collaboration, les deux hommes ont rendu, l’un par le scénario, l’autre par la musique, à FF, ses lettres de noblesse.
La collaboration de deux génies.
Né en 1969 à Tokyo, Sakimoto compose dès le lycée des thèmes pour les jeux réalisés par ses amis. Il se fait connaître professionnellement en travaillant avec Matsuno sur Ogre Battle sur SNES et devient incontournable après avoir composé les thèmes de FF Tactics, développé par le même Matsuno. Sakimoto crée aussi sa société de production en 2000 avec Masaharu Iwata et Manabu Namiki : Basiscape.
Vous aurez compris que Sakimoto et Matsuno aiment travailler ensemble. Ogre Battle, Tactics Ogre, FF Tactics, Radiant Silvergun, Vagrant Story, Ogre Battle Gaiden,et FF Tactics Advance sont leurs projets communs. C’est donc tout naturellement que Matsuno décide de confier la musique de FF XII à Sakimoto, au grand dam des joueurs et fans de la série, malgré le talent de Sakimoto. Pour la première fois, Nobuo Uematsu est écarté de la production d’un FF, si ce n’est pour la composition du thème principal et du thème chanté. Ce FF s’est présenté comme celui du changement, le système de jeu le prouve, la musique le confirme.
Sakimoto, sans dénaturer ce qui s’est fait précédemment sur la série, a su marquer de son empreinte le soft par ses thèmes envoûtants, et plus adultes. Le thème principal de FF a été recomposé avec Uematsu (Loop Demo). On sent que les instruments sont utilisés différemment, avec des notes appuyées, et les percussions qui nous envoient avant même le début du jeu, dans l’intrigue. Une façon de débuter qui rappellera Star Wars, comme l’ensemble du jeu d’ailleurs.
Un travail minutieux.
Le thème principal général du jeu (Theme of Final Fantasy XII) est aussi sérieux et appelle au tragique, à l’aventure et à la joie en variant les tons, les instruments et la longueur des notes. C’est une pure merveille à écouter pour tous les amateurs du genre. L’Opening Movie, pour ceux qui ont débuté le jeu, suit parfaitement le rythme imposé par la scène cinématique, calme lors des négociations et des noces, plus rapide lors de la bataille et enfin presque arrêtée quand Rasler se fait toucher par la flèche.
Parmi les autres thèmes généraux, on notera bien entendu Boss Battle et Esper Battle, toutes deux plus matures que ce qui se faisait dans les précédents FF, en usant notamment des percussions et des voix de fond. Les batailles contre les Espers étant souvent des tournants dans l’histoire, la musique est plus lente, pour insister sur l’importance du combat. Par ailleurs, un thème existe pour l’invocation de ces créatures : Esper. Celui-ci reflète bien la puissance des monstres. Il ressemble à Esper Battle mais est plus rapide et montre bien que cette fois, l’Esper est vôtre.
Chaque lieu ou presque possède son thème. Ils sont malheureusement de qualité inégale, surtout en ce qui concerne les thèmes des villes (Rabanastre en particulier). The Forgotten Capital manque un peu d’inspiration et rappelle le thème principal d’Harry Potter sur le début. On peut par contre féliciter le compositeur pour ses thèmes pour les lieux forestiers (Salika Forest) ou encore les thèmes liés à certains personnages. Dream of Becoming a Sky Pirate (Vaan) exprime à la fois le rêve inaccessible et la liberté que celui-ci peut procurer, ce qui est fort pour seulement 35 secondes. Penelo’s Theme est calqué sur le personnage : joyeux mais strict. Princess’Vision (Ashe) est l’un des plus tristes, montrant l’utopie quasi inaccessible que recherche la princesse. Enfin, Basch’s Reminiscence donne au capitaine sa raison de combattre l’empire, en nous rappelant l'événement aboutissant à la chute de Dalmasca.
Enfin l’Ending Movie conclut l’histoire mais ne s’avère pas à la hauteur des deux chansons suivantes du générique de fin. Kiss Me GoodBye d’Angela Aki rend un meilleur hommage au jeu, avec son accompagnement au piano. Pour terminer, le Symphonic Poem : Hope est, comme son nom l’indique, rempli d’espoir, et traduit à lui seul le message du jeu : la recherche de la liberté.
Sakimoto nous fournit encore une musique de qualité pour le dernier FF de la PS2, même s’il n’égale pas son travail sur FF Tactics et Vagrant Story, ses deux meilleures œuvres selon moi. Néanmoins, les 4 CDs valent le détour. Si vous avez aimé le jeu, vous aimerez la musique.