Test
 
 
Testé sur :Xbox 360
Editeur :
Microsoft Games
Développeur :
Epic Games
Genre :
Action - Shoot
 
Gears of War
Admirez cette profondeur de champ.
 
Gears of War
L'animation de Marcus en pleine course s'accompagne d'effets bluffants.
 
Gears of War
Sur le train : le décor défile à toute allure sous un ciel d'enfer.
 
Gears of War
Purement gratuit, cet acte est pourtant le plus jouissif du jeu.
 
Gears of War
Le rendu graphique de cet orage ne connaît pas d'égal à l'heure actuelle.
 
Gears of War
En coopération, l'un des joueurs incarne Dom (à gauche).
 
Gears of War
On fait aussi un peu de spéléologie dans Gears of War.
 
 
A
8
10
Par Gargoyle 21/11/06
Machines bien huilées.
 

Gears of WarIl faut parfois s’armer de patience pour voir débarquer, sur une console récente, un jeu capable à lui seul de justifier l’achat de la machine. Si en son temps la Xbox avait réussi le tour de force de proposer à son lancement un tel soft avec Halo, le constat n’est pas glorieux pour sa petite sœur estampillée Next Gen. Pourtant, avant même que quiconque puisse y goûter, un titre semblait capable de répondre à ce critère : Gears of War. C’est donc avec une impatience non dissimulée et des attentes fortes que nous nous sommes penchés sur son cas.

 

Tout le monde à couvert!

Il est toujours, délicat pour un éditeur, de mettre en vente un titre auréolé d’une forte notoriété. On se souvient par exemple de l’arrivée d’Halo 2. Microsoft, soit par crainte du résultat, soit pour éviter tout spoiler, avait interdit la diffusion de tests sur le jeu avant sa sortie. Un tel procédé avait, à l’époque, surpris voire inquiété. C’est sans complexe, cette fois, que Gears of War s’est vu évalué par les spécialistes du net prêt d’une semaine avant sa sortie, comme si ses géniteurs étaient sûr de la qualité de leur bébé.

Le lancement du jeu laisse pourtant craindre le pire : aucune intro, un texte laconique vous indiquant que l’on se situe 14 ans après l’émergence (kézako ce truc?) et voilà qu’un militaire vient vous sortir de votre cellule. L’intro manquante peut être visionnée en patientant quelques instants devant la page d’accueil de Gears of War, l’autre solution consistant à lire la notice. Sur Sera, les humains livrent une bataille désespérée contre des parasites aliens, les Locustes, vivant dans les entrailles de la planète. Il y a quatorze ans, leur apparition, baptisée l’émergence, a forcé les hommes à se cacher tout en pratiquant la politique de la terre brûlée. Le scénario digne d’une série B n’est pas ce que l’on retiendra du soft. Vous vous retrouvez donc en compagnie d’un ami de longue date, Dominic, qui vous équipe afin de vous réintégrer dans l’armée.

A peine sorti de la cellule un choix vous est offert de faire vos armes au combat ou de suivre un tutorial. L’apprentissage en douceur, pour les flemmards de la lecture qui zappent la notice, passera par la deuxième option. Le soft se joue à la troisième personne en "caméra d’épaule", vue inaugurée par Splinter Cell et reprise à son compte avec bonheur par Resident Evil 4 ; ce choix n’a évidemment rien d’anodin puisqu’il permet, par une mise en scène habile, de donner l’impression au joueur qu’un cadreur suis toute l’action de prêt. Il s’explique aussi par le gameplay : le décor tourmenté, stigmatisé par des années de guerre incessante, offre en effet de nombreux abris qu’il faudra apprendre à exploiter. Votre avatar, qui répond au doux nom de Marcus Fénix, est capable de se coller aux parois pour tirer avantage de la topographie du terrain. Plus réaliste dans son approche que nombre de FPS, GOW, autorise ainsi des mises à couvert épiques, renforcées par l’animation parfaite de la course de Marcus pour rallier une zone sécurisée. L’immersion est immédiate, irrésistible, et la sensation de suivre un commando d’élite n’a jamais été mieux retranscrite.

La gâchette RT sert, comme dans d’autres jeux du genre, à tirer, A est utilisé pour les actions de course et de mise à couvert, quant au bouton B selon l’arme équipée, il permet soit de donner un coup de crosse soit d’avoir recours à la tronçonneuse. J’en vois déjà qui crient au plagiat, entre autres les fans de Doom, sauf qu’en la matière, l’animation qu’entraîne le découpage d’aliens n’a jamais connu un tel réalisme, une telle perfection dans le gore : jouissif. Marcus peut transbahuter quatre armes : deux fusils, des grenades (qui se lancent comme des frondes), et un pistolet. La touche RB est mise à contribution lors du rechargement de celles-ci et son utilisation introduit une des bonnes idées du soft.

Remettre des munitions coûte beaucoup de temps dans le jeu, un point de plus qui confère de la crédibilité à GOW. Ce temps est symbolisé par un axe marqué d’un repère - son emplacement variant d’une arme à l’autre - sur lequel se déplace un curseur. Pour réaliser un rechargement parfait, demandant le moins de temps possible, il faut arrêter la course du curseur sur le repère précisément. En plus d’accélérer l’approvisionnement en munitions, réussir la manœuvre confère un bonus de puissance lors de la salve suivante. L’échec quant à lui voit votre arme s’enrailler et le temps nécessaire s’en trouvera augmenter. Comme l’arme est automatiquement réapprovisionnée quand le curseur a fini de parcourir l’axe, rien ne vous oblige à tenter le diable, mais cet acte de dextérité est un aspect du jeu qu’il faudra maîtriser tant il sera parfois déterminant pour votre survie.

L’autre bonne idée à mettre au crédit du soft est le choix qui vous est offert, parfois, entre deux itinéraires parallèles. Cependant, après quelques minutes passées avec le jeu et si la jouabilité apparaît très étudiée - Marcus répondant aux moindres sollicitations du joueur -, travaillée avec le système de mise à couvert, originale par sa gestion des munitions, elle n’est pas franchement novatrice. On se demande même si l’on ne finira pas par tomber d’ennui à force de répéter le cycle je cours - je me cache - je tire - je recharge. Heureusement GOW n’a pas encore abattu ses derniers atouts.

 

Sans maîtrise la puissance n’est rien.

La sortie de votre cellule ne vous permettra pas seulement de faire un point sur l’aspect ludique du soft puisque les premières minutes vous colleront des baffes comme vous n’en avez jamais reçues. On a beau s’y attendre, avoir vu des screenshots en pagaille, rien ne remplace l’expérience ; et quelle expérience. Avec Gears of War on se trouve en présence d’une réalisation à grand spectacle comme sait en produire l’industrie Hollywoodienne mais transposée dans un jeu. L’émotion n’est pas seulement visuelle, mais sonore (surtout en 5.1) et tactile avec les vibrations transmises par le pad.

Si l’on s’attarde sur le visuel, tout, de l’agencement des décors, fouillés, riches, inspirés par une kyrielle de références S-F (autant dans la littérature, que les films et les jeux de rôles) à la finesse des textures, en passant par les effets spéciaux divers et variés, la mise en lumière toujours travaillée au maximum, la profondeur de champ impressionnante ou encore le photo-réalisme que l’on est en droit d’attendre des nos machines nouvelle génération, tout est réjouissant. Mais le plus bluffant reste sans conteste l’animation du soft, juste impeccable : d’une fluidité à toute épreuve malgré une distance d’affichage colossale, elle transcende le réalisme de l’action par des gestes et postures criants de vie pour chaque protagoniste. Sur le plan de l’animation la course de Marcus remporte la palme. L’action est constamment mise en valeur, même lors des cinématiques, par un cadrage nerveux qui accentue l’impression d’être témoin des évènements.

Le son quant à lui, est tonitruant ; explosions, cris de monstres et autres tirs nourris vous laisseront sans voix (de toute façon avec ce vacarme on vous entendrait pas). Dans ce domaine la VF s’en tire avec les honneurs avec des voix particulièrement adaptées aux protagonistes et avec un seul véritable défaut : un mixage mal dosé qui obligera à utiliser l’affichage des sous-titres pour ne rien perdre de l’action. Tout concoure à rendre le soft dynamique et prenant, au point d’être véritablement embrigadé sans pouvoir lâcher la manette.

Car sous un gameplay peu novateur et plutôt basique, GOW parvient à se renouveler tout au long des 10 à 15 heures de jeu qu’il propose. Les concepteurs du level design ont fait leurs devoirs et proposent une multitude de situations différentes et l’on trouve pêle-mêle des clins d’œil à Aliens le Retour, Starship Troopers, Pitch Black ou encore la Guerre des Mondes. Attendez-vous donc à des embuscades, acculés que vous serrez dans une fontaine asséchée, à guider un satellite de soutien au laser, à courir les zones éclairées pour vous préserver d’aliens voraces, à piloter une jeep sur une autoroute dévastée, à descendre dans une mine à bord d’un wagon, etc...

On ne regrettera que peu de choses : une IA perfectible, autant pour ses coéquipiers que pour les Locustes qui restent parfois étrangement statiques, des décors que l’on aurait aimés plus destructibles surtout en regard de ce qu’on leurs fait subir, un système d’ordre réellement utile (il ne sert à rien, n’est même pas vraiment pris en compte pas vos compagnons c’est pourquoi je ne l’ai même pas évoqué tant il est anecdotique).

Mais comme à côté de cela, avec toutes les qualités énoncées plus haut, le soft a la bonne idée d’être jouable en ligne en PvP et en coopération (énorme) comme en réseau local ou sur écran splitté, on ne peut que s’incliner devant la première Killer App de la Xbox 360. Pour finir, Gears of War c’est du grand spectacle violent, gore, mais un gameplay plus subtil que bourrin, un titre pop-corn que l’on partage entre amis comme autant de films du genre, un soft que seuls les plus de 18 ans auront le droit de déguster avec ou sans modération, un exutoire qui rempli sa mission première : distraire.
 
les plus
les moins
• Techniquement parfait • L'IA seul gros reproche recevable
• Le renouvellement des situations • Le mixage de la VF
• Immersion sonore mortelle • La prochaine fois je veux péter du décor!
• Animation digne d'éloges • Les ordres inutiles
• Le jeu qui justifie l'achat de la Xbox 360  
   
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