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Auteur :
Hiroya Oku 
Editeur :
Tonkam
 
Gantz
Kei, Masaru et Kei : amis jusqu'à la mort.
 
Gantz
Octobre 2006 : il est temps de couvrir les parties sensibles.
 
Gantz
Mort droit devant.
 
Gantz
Et un sosie de Lara Croft, un.
 
Gantz
Les monstres rencontrés sont parfois bien gores.
 
 
C
4
7
 
Par Elkala 20/10/06
Gantz.
Une histoire de boule.
 

GantzSurtout connu dans sa version animée, Gantz est avant tout un manga papier, comptant à ce jour 19 tomes (16 en France). S’inspirant de nombreux auteurs, et créant un épiphénomène dans le monde du manga de par sa conception et sa trame, l’œuvre de Hiroya Oku vaut-elle vraiment le détour ou s’avère t’elle être une histoire banale de plus?

 

Un monde contemporain.

Hiroya Oku est né en 1968 à Fukuoka (Japon). A ce jour, il est l’auteur de trois mangas. Le premier est Hen, le second Zero One (édité par Panini Comics en France) et le dernier, sans doute son plus gros succès, Gantz.

Tout commence le jour où Keï Kurono, héros de cette histoire, retrouve l’un de ses amis d’enfance, Masaru Kato, sur le quai du métro, à Tokyo. Lorsque qu’un clochard tombe sur les rails, Masaru cours à son secours et demande à Keï de venir l’aider, lequel s’exécute à contre-cœur. Malheureusement pour eux, après le sauvetage du SDF (non, pas le Stade de France), ils se font écraser par le train. C’est alors qu’ils se retrouvent dans un appartement accompagnés de plusieurs personnes dans une salle où se trouve une boule noire. Le nom de cette boule est Gantz. Ce même Gantz leur demande d’éliminer un "martien" et leur fournit, pour cela, des armes et des combinaisons. C’est alors que tout le monde est transporté dans Tokyo afin d’affronter l’alien.

Commençant de façon originale, Gantz ressemble au fur et à mesure à un mélange entre Neon Genesis Evangelion et Battle Royale. Au premier, il emprunte la psychologie du héros, Shinji Ikari, et la transpose à Keï Kurono (personne très asociale, qui se bat seulement par obligation), ainsi que les combats contre des êtres venus d’ailleurs (on peut apparenter les "martiens" aux Anges). Au second, c’est le temps imparti pendant les missions, le périmètre de combat limité (1km2) et la puce dans le cerveau qui s’active dès qu’on veut sortir dudit périmètre (comme un certain collier).

Cependant, les différents extraterrestres rencontrés sont originaux, avec un design recherché et léché (le "martien" péquenot fait partie des meilleurs). Les armes ont aussi été bien pensées. Il y a deux pistolets (un qui détruit, l’autre qui capture), un fusil (même fonction que le premier avec une lunette de visée en plus) et un katana (dont la lame peut s’allonger à volonté). Chacun devra aussi porter une combinaison, les transformant en surhomme mais qui peut être détruite après un choc violent. Tout cet équipement permet à nos héros (et héroïnes) de se battre efficacement contre ces êtres venus d’ailleurs.

Si les personnages du manga ne sont pas vraiment originaux, ils permettent de mieux comprendre le Japon actuel. Dès les premiers instants en effet, on dénote la mentalité japonaise actuelle : si Keï ne veut pas aider le clochard, il n’est pas le seul sur le quai du métro. Pire, quand Masaru agit pour le sauver, les autres le prennent pour un fou, ne le soutiennent pas dans son action altruiste. On peut voir aussi que le suicide au Japon n’est pas seulement une réponse à l’élitisme prôné dans leur société (comme l’imaginent les occidentaux), il semble surtout être le première solution choisie par les Japonais pour fuir leurs problèmes. Dans tous les cas, la mentalité de la société nippone actuelle est décrite de façon précise (notamment le moment où une femme renie totalement son mari et lui met tous les problèmes sur le dos car il est au chômage).

 

Obsession, quand tu nous tiens.

Par rapport aux dessins, il n’y a pas grand chose à dire. Le design est simple et précis à la fois. Néanmoins, Hiroya Oku se contente la plupart du temps de gros plans sur les personnages. Il a aussi tendance à s'attarder sur l'action en la décrivant de manière excessive montrant la même action sous différents angles. Cela casse en général le rythme des scènes et ralentit le bon déroulement de l’histoire. Finalement, en voulant trop s’attarder sur le détail pour accentuer certains moments tragiques, l’auteur gâche son propre travail.

En parlant de gâcher. L’auteur a une certaine obsession : celle de mettre des pin-up plus ou moins dénudées à chaque début de chapitre - sans oublier certaines scènes de nu inutiles à l’avancée de l’histoire, soulignant une fois encore un trait de caractère japonais, plutôt porté sur le sexe -, ce qui fait que l’on a la fâcheuse impression de regarder le calendrier Pirelli par moment.

En ce qui concerne l’éditeur, Tonkam, on peut dire que le produit est bien fini. Tous les 10 volumes, la couleur de fond des couvertures change (rouge au début, bleue maintenant). De plus, elles sont cartonnées et la première page de chaque livre (voire les trois premières) nous montre une illustration en couleur de l'auteur.  Côté traduction, rien à dire : c’est proche de la perfection. Il existe quand même un défaut de taille, les pages étant mal reliées, elles ont tendance à se détacher avec le temps, surtout celles de la fin du bouquin. Ce problème semble récurrent aux éditions Tonkam, Vagabond du même éditeur ayant les mêmes symptômes.

Gantz aurait pu être sans problème un manga culte, mais ses défauts récurrents l’empêchent d’atteindre ce rang, à cause en particulier d’un rythme digne des tortues des Galapagos et de scènes inutiles. On pourrait espérer que la suite du manga corrige ces défauts mais après tant de tomes édités on est en droit d’en douter… regrettable car le potentiel est là.

 
les plus
les moins
• Mentalité japonaise bien décrite • Manque d’idées sur le concept
• L’originalité des extraterrestres et des armes • Trop de sexe tue le sexe
• Le présentation générale • Rythme très lent
  • Pages mal reliées
   
   
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